Changement de crémerie

En cette période de frimas printaniers (ci-dessous, vue sur notre jardin photographiée le 25 mars),…

2013-03-25_Stuttgart

je m’apprête à passer de là…

logo_hlrs

à là…

ssb.logo

… (cliquez sur les logos pour plus d’infos).

J’ai bien apprécié de travailler un peu plus de trois ans en tout dans l’institut HLRS avec des collègues sympathiques dont certains sont devenus des amis. Mais, malgré la bonne ambiance au quotidien et des bonnes conditions de travail, mon poste a toujours été financé par des fonds tantôt européens tantôt allemands alloués aux projets de recherche en informatique appliquée. Et comme ces projets ne durent qu’un temps (en général, de un à trois ans), la plupart de mes compagnons de bureau et moi-même avons constamment volé de CDD en CDD. C’est ainsi que la majorité des emplois en recherche est financée en Allemagne.

Alors, il était grand temps de passer à un poste en CDI. Voilà qui est fait. Cela me fait bien plaisir d’avoir décroché un poste d’ingénieur en informatique dans l’entreprise responsable à Stuttgart du transport de centaines de milliers de personnes au quotidien.

Dring !… Dring !… Attention à la fermeture des portes, le tramway démarre. Avec un peu de bol, je pourrai peut-être un jour en conduire un. 😉

Advertisements

Ténébreuse affaire à l’institut

Un beau jour de février 2012, un homme cagoulé entra par effraction dans la salle de calculs de l’institut de recherche en informatique HLRS rattaché à l’université de Stuttgart. Il était vêtu d’un costume sombre et élégant semblable à ceux portés par le légendaire 007. Il pénétra dans le saint des saints du vénérable institut, là où était regroupée une poignée de superordinateurs besognant sans répit afin d’exécuter divers scénarios de simulations scientifiques. Le ronflement intense des ventilateurs occupait tout l’espace sonore. Ceux-ci tournaient à plein régime, maintenant ainsi une température relativement fraîche dans toute la pièce.

Pour entrer dans ces lieux, il fallait montrer patte blanche. Certaines machines stockaient sur leurs disques durs des données ultra-secrètes d’importance capitale. L’inconnu tenait dans sa main droite un imposant pistolet. Le noir mat du froid engin d’acier absorbait la faible lumière avoisinante. L’homme lança un regard circulaire. Pas d’âme qui vive, l’endroit était désert. Quelques spots projetaient le long des murs une lumière crue dont les rayons parfois roses, parfois bleutés dardaient à travers l’obscurité.

Le mystérieux individu avança d’abord prudemment dans la salle, semblant interroger les ténèbres environnantes le temps d’une poignée de secondes. Il trouva enfin l’objet de sa recherche et se précipita dessus. Il s’agissait d’un ordinateur qui vrombissait parmi d’autres dans la pièce. Ses voyants rouges, verts et jaunes clignotaient frénétiquement dans le clair-obscur artificiel.

Tout se passa alors très vite. L’homme connaissait son affaire. Il accomplissait mécaniquement et sans faute des gestes maintes fois répétés pour l’occasion. Il inséra un DVD dans le tiroir coulissant du lecteur intégré à l’ordinateur et tapota quelques instructions sur un clavier afin de lancer la gravure de données sensibles. L’opération enfin terminée, il retira le disque, le glissa dans sa poche, puis jeta un dernier coup d’oeil sur le moniteur. Il sursauta alors à la lecture d’une information inattendue. Cependant, il se remit vite de son émoi. Une fois la nouvelle digérée, il pianota sur son téléphone portable, passa un bref appel et fila enfin vers la sortie, ni vu ni connu. Les ventilateurs continuaient de bourdonner bruyamment dans la pièce abandonnée. L’entreprise dans son intégralité ne prit pas plus de deux minutes.

En revanche, le tournage de la scène relatée ici avec plus ou moins d’exactitude dura toute une journée. Si j’ai bien saisi ce que l’on m’a raconté, il s’est déroulé dans le cadre d’un projet étudiant. Un réalisateur en herbe avait en effet émis quelque temps auparavant le souhait de filmer une scène de polar dans les locaux de l’institut HLRS où je travaille. La direction du centre de recherche accéda à sa demande. Cela entraîna la mise en place de toute une organisation destinée d’une part à accueillir le réalisateur et sa troupe, et d’autre part à transformer la salle principale des superordinateurs en un lieu cinégénique, donc en une chose présentant au final des différences assez marquées avec la banale réalité de ladite salle. Celle-ci fut en effet plongée dans une pénombre entrecoupée ça et là par la lumière crue de spots colorés positionnés le long des murs pour les besoins du tournage. L’équipe au complet se composait ce jour-là d’une trentaine de personnes. Elles oeuvraient toutes comme des fourmis industrieuses, chacune étant assigné à une fonction bien précise. L’acteur principal, beau gosse comme il se doit, au physique rappelant celui d’Ewan McGregor, n’avait pas non plus une seconde pour lui. Un ballet de techniciens évoluait constamment autour de ce point focal, tels des molécules au mouvement sans cesse recomposé.

Quant à l’auteur de ce texte, ce jour-là, il joua l’espace de quelques heures un rôle bien particulier dans le cadre de cette affaire, celui d’observateur mis à la disposition de l’équipe de tournage pour répondre à leurs questions éventuelles, et qui devait en sus patrouiller en toute discrétion dans la salle afin de s’assurer que personne ne débranche un fil malencontreusement. En d’autres termes, j’étais en gros payé à ne pas faire grand-chose, ce qui me permit de contempler le tournage en toute tranquillité et de prendre quelques photos.

Transfert remarqué

Touché par la fièvre du mercato de mi-saison, je me suis lancé en décembre dernier dans des négociations avec un nouveau club dont l’issue s’est révélée satisfaisante pour toutes les parties concernées. Dès lors, je m’apprête à être transféré de HP, où j’ai mouillé le maillot pendant douze ans, au HLRS. J’arborerai mes nouvelles couleurs à partir du 1er février.