Bis repetita ne placent pas toujours

Les mots du titre de ce post sont prononcés par Jules César dans Le bouclier arverne (au passage, merci au Wiktionnaire). En l’occurrence, l’affaire était fort déplaisante dès la première fois.

J’ai refait un tour en ville, ça devient une habitude…

Façade de la mairie de Stuttgart, prise en photo depuis la place où les stands du marché de Noël sont en train d'être montés.

Façade de la mairie de Stuttgart, prise en photo depuis la place où les stands du marché de Noël sont en train d’être montés.

Je ne suis pas sûr que la réaction du gouvernement Hollande aux attentats de la semaine dernière soit bien au diapason du message porté par cette figure mêlant le symbole de la paix à la Tour Eiffel… Je suppose en effet que le déploiement du Charles de Gaulle au large de la Syrie n’est pas effectué en vue de parachuter des caisses de beaujolais nouveau gratuites sur la Syrie et l’Irak. (Ce qui, selon moi, aurait de la gueule. :-)) À mon humble avis, François Hollande ferait mieux de s’attaquer aux racines du mal (qui fait basculer le prolétariat dans les bras de l’extrême droite et sombrer le sous-prolétariat dans le nihilisme, le suicide, voire le terrorisme). Et ce n’est pas en se tapant une pause café bidon chez Lucette Brochet de Vandœuvre-lès-Nancy qu’il va résoudre le problème.

Advertisements

La bonne idée du mois

deguisement-taliban-comique-pal3147Pour le carnaval, déguise-toi en terroriste !

Tel est le conseil fort avisé que j’ai donné à Ferdi pour le carnaval de l’école. Au final, il se déguisera en quelque chose d’autre. 🙂

En attendant, le déguisement de la photo est véritablement commercialisé sur ce site ! Le descriptif du produit vaut son pesant de cacahuètes :

Vous allez pouvoir mettre de l’ambiance, on peut même dire que celle-ci va être explosive grâce à ce déguisement comique de Taliban ! Sont compris dans ce déguisement de “terroriste” : une chemise avec un faux gilet, une coiffe style afghan, ainsi qu’une dynamite factice reliée à une fausse horloge.
ATTENTION : la barbe et le pantalon sont vendus séparément.” (Source : http://www.deguisement-magic.com).

Notons cependant que cet accoutrement est, à l’heure où j’écris ce texte, indisponible à la vente. Je suppose qu’il va le rester encore un certain temps.

Wir sind Charlie

Tous les vendredis soir, nous nous rendons dans un restaurant du quartier. Nous tenons une liste de nos coins favoris, et nous leur rendons visite au gré de nos envies. Hier, c’était au tour du Turc de nous accueillir. Une fois les kébabs, pizzas et autres avalés, Ferdinand, Clémentine, Madeleine et moi partîmes en direction de la Porsche Arena. Il s’agit d’une salle située de l’autre côté du Neckar, à un quart d’heure à pied de chez nous. Munis de nos billets bon marché (les seuls encore en vente au moment où Elisabeth les commanda), nous montâmes tout en haut de la tribune, là où les spectateurs restent debout pour assister au match. Malgré l’impossibilité de s’asseoir, nous étions bien placés depuis notre poste surplombant l’un des coins du terrain. Nous pouvions embrasser du regard la surface en bas dans son intégralité, sans être dérangés par personne. En face de nous, un grand écran d’affichage fixé au plafond annonçait le programme : Deutschland – Czechien. Une heure avant le coup d’envoi, les équipes s’entraînaient déjà sur le terrain. À 20 h 15, l’arbitre allait siffler le début d’une rencontre amicale de handball, destinée à préparer les deux sélections nationales à la prochaine coupe du monde, qui débutera le 15 janvier 2015. Peu de temps auparavant, les joueurs s’alignèrent d’abord pour les hymnes nationaux. Les haut-parleurs en diffusèrent des versions enregistrées (l’hymne tchèque, le fameux Kde domov můj? que tout un chacun connaît bien sûr, 🙂 ne me semble ma foi pas mal du tout). Arrêt de la musique… 6200 spectateurs en liesse… Des gamins dans la foule… Trois mascottes géantes ridicules cavalant dans tous les sens… Bref, une bonne ambiance. Tout se présentait sous d’heureux auspices pour un match joué à guichets fermés. Tout à coup, la voix du présentateur retentit dans les haut-parleurs. Le ton était grave. Nous ne comprîmes pas l’allocution dans sa totalité, mais pûmes cependant saisir au vol des mots-clés comme “liberté d’expression”. La voix nous pria alors de nous lever et de respecter une minute de silence. Des techniciens réduisirent l’intensité des projecteurs, et les paroles suivantes s’imprimèrent en grand sur l’écran d’affichage : “Wir sind Charlie“.

Une minute plus tard, fin du recueillement. Face à la barbarie, la vie continue, place à la joie !… à l’humour !… à l’amour ! Et là en l’occurrence, place au sport ! L’Allemagne gagna ce soir-là 32 à 24.

Et bien entendu, bonne galette et bonne année 2015 à tous ! 🙂

2015-01-11 11.03.09

Mairie de Stuttgart, le dimanche 11 janvier 2015.

Otomo

Le pont de Gaisburg se trouve à deux pas de chez nous. À l’époque où je conduisais Ferdinand chaque matin à la crèche située juste à côté du stade du VfB Stuttgart, je passais à pied systématiquement devant ce panneau qui m’intriguait.

Plaque commémorativeFrédéric Otomo naquit en 1941 au Cameroun. À partir de la deuxième moitié des années 60, il essaya constamment de trouver asile dans divers pays occidentaux, en France, aux États-Unis, en Allemagne aussi. À chaque fois, il se fit expulser, puis tenta sa chance ailleurs, se fit de nouveau refouler au bout d’un certain temps, essaya encore ailleurs, et ainsi de suite… Ces cycles sans cesse renouvelés rythmèrent sa vie faite de précarité. Les services allemands en charge de l’immigration l’enregistrèrent en 1981 sous le nom d’Albert Ament, citoyen du Libéria. Probablement, Otomo espérait de la sorte améliorer ses chances d’être définitivement accueilli en se faisant passer pour un ressortissant de ce pays-là. Il tenta tout son possible pour rester en Allemagne, dans la mesure de ses maigres capacités de persuasion. Il alla même jusqu’à recourir à des arguments dérisoires, arguant du fait que comme son père aurait été tué par les forces coloniales d’Outre-Rhin, il avait donc le droit d’obtenir un passeport allemand. À bout de forces, il commença à se comporter de façon incontrôlée, à péter les plombs. Il séjourna alors passagèrement en prison suite à des menaces exercées à l’aide d’un couteau sur des contrôleurs de train. Les autorités allemandes exigèrent un jour son expulsion vers le Libéria. Et, ironie du sort, il fut impossible de mettre celle-ci en œuvre. En effet, le temps passant, les papiers d’Otomo au nom d’Albert Ament devinrent périmés. Les services allemands de l’immigration contactèrent l’ambassade du Libéria pour initier la remise à jour du passeport d’Otomo. Et là, problème : l’administration libérienne informa en retour les fonctionnaires de Bonn qu’il n’existait aucun document officiel, rien qui ne fût déjà enregistré chez eux concernant cette personne-là. Le Libéria ne reconnaissait pas en Albert Ament l’un des siens. Les Allemands se retrouvèrent alors dans l’embarras, ne sachant pas quel pays contacter, ne pouvant en fait déterminer le lieu vers où expulser Otomo. Celui-ci demeura alors à Stuttgart, dans une situation bancale, dans les limbes de l’immigration, en quelque sorte. L’administration de Bonn était certes résolue à le renvoyer vers son pays d’origine, mais comme il était impossible d’établir l’identité officielle d’Otomo, on toléra alors sa présence sur le sol allemand, dans l’attente de pouvoir un jour avancer sur le dossier et d’être en mesure de l’expulser. Ce jour-là pouvait arriver n’importe quand, au bout d’un mois, d’un an, d’une décennie ou plus. D’ici-là, Otomo avait le droit à une maigre somme d’argent versée mensuellement afin qu’il pût continuer de vivre à Stuttgart.

À l’aube du 8 août 1989, il monta dans un wagon de la ligne 9 du tramway. Quelques minutes plus tard, il se fit contrôler et accuser de voyager sans le billet approprié. Suite à son débarquement à la station Ostendplatz, la discussion avec les employés de la SSB tourna au vinaigre. Otomo asséna des coups violents à un contrôleur, qui perdit quelques dents pendant la rixe. Puis, il réussit à prendre la poudre d’escampette. La police fut promptement contactée et se lança alors à la recherche du fuyard. Une enquête ultérieure révéla que son titre de transport était en fait valide. Environ trois heures plus tard, les agents Peter Quast et Harald Poppe, qui n’avaient même pas 30 ans, le repérèrent en train d’errer à proximité du pont de Gaisburg. Épaulés de quelques collègues, il se rapprochèrent à pied d’Otomo, firent un demi-cercle autour de lui et s’adressèrent à lui en anglais afin de l’interpeller. Mais celui-ci, une fois les policiers parvenus quasiment à son contact, dégaina une baïonnette qu’il darda dans tous les sens. Dans la confusion, Harald Poppe fut touché à un poumon. Avant de s’effondrer au sol, il tira deux coups de feu qui blessèrent Otomo. Celui-ci continua de lancer des coups de baïonnette et transperça le cœur de Peter Quast, qui mourut sur place très peu de temps après. Un troisième policier, grièvement blessé, parvint à loger trois balles dans le corps d’Otomo, avant de s’écrouler lui aussi sur le bitume. Les trois coups de feu sonnèrent le glas de Frédéric Otomo. Un quatrième policier fut également légèrement tailladé. Quant à Harald Poppe, il succomba de sa blessure une heure plus tard dans un hôpital.

À l’occasion de la cérémonie funèbre en l’honneur des deux agents de l’ordre tués dans l’exercice de leurs fonctions, le maire de Stuttgart Manfred Rommel (le fils du maréchal) se lança dans un discours plus long que prévu, au cours duquel il prononça les paroles suivantes, en parlant de l’auteur des deux homicides : «Il aurait pu être un Blanc, il aurait pu être aussi un Souabe». Ces mots causèrent à vrai dire un certain émoi dans une partie de l’opinion publique, qui n’était pas prête à l’issue de cette triste affaire à accepter des paroles conciliantes.

Ce fait divers, dont on commémore cette année les 25 ans, fut l’objet d’un film sobrement intitulé Otomo, réalisé par Frieder Schlaich et sorti en salles en 1999. Isaach de Bankolé y joue le rôle de Frédéric Otomo.

Cliquer ici pour afficher la page de cet excellent film sur le site de Amazon.

French Bashing

djudju@djudju-1101HA:~$ /usr/bin/time -v ~/Dokumente/extract_text/bin/extract_text.sh
–2014-02-15 15:13:05– http://artists.letssingit.com/serge-gainsbourg-lyrics-aux-armes-et-catera-la-marseillaise-l5z7p54
Auflösen des Hostnamen »artists.letssingit.com (artists.letssingit.com)«… 174.123.210.26
Verbindungsaufbau zu artists.letssingit.com (artists.letssingit.com)|174.123.210.26|:80… verbunden.
HTTP-Anforderung gesendet, warte auf Antwort… 200 OK
Länge: nicht spezifiziert [text/html]
In »»STDOUT«« speichern.

0K ………. ………. ………. ……… 13,1K=3,0s

2014-02-15 15:13:11 (13,1 KB/s) – auf die Standardausgabe geschrieben [/40440]

BEENDET –2014-02-15 15:13:11–
Verstrichene Zeit: 5,6s
Geholt: 1 Dateien, 39K in 3,0s (13,1 KB/s)

"Je suis un insoumis qui a redonné à la Marseillaise son sens initial."

“Je suis un insoumis qui a redonné à la Marseillaise son sens initial.” Cliquer sur l’image pour lancer le document vidéo de l’INA.

Serge Gainsbourg – Aux Armes Et Cætera (La Marseillaise) Lyrics

Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé

Contre nous de la tyrannie, l’étendard sanglant est levé

Aux armes et cætera, aux armes et cætera

Aux armes et cætera, aux armes et cætera

Entendez-vous dans les campagnes mugir ces féroces soldats ?

Ils viennent jusque dans nos bras, égorger nos fils nos compagnes

Aux armes et cætera, aux armes et cætera

Aux armes et cætera, aux armes et cætera

Amour sacré de la patrie, conduis, soutiens nos bras vengeurs

Liberté, liberté chérie, combats avec tes défenseurs

Aux armes et cætera, aux armes et cætera

Aux armes et cætera, aux armes et cætera

Nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n’y seront plus

Nous y trouverons leur poussière et la trace de leurs vertus

Aux armes et cætera, aux armes et cætera

Aux armes et cætera, aux armes et cætera

Aux armes et cætera, aux armes et cætera

Aux armes et cætera, aux armes et cætera

Aux armes, aux armes, aux armes, aux armes

Aux armes, aux armes, aux armes, aux armes

Aux armes et cætera, aux armes et cætera

Aux armes et cætera, aux armes et cætera

Aux armes et cætera, aux armes et cætera

Aux armes et cætera, aux armes et cætera.
Command being timed: “/home/djudju/Dokumente/extract_text/bin/extract_text.sh”
User time (seconds): 1.75
System time (seconds): 3.33
Percent of CPU this job got: 32%
Elapsed (wall clock) time (h:mm:ss or m:ss): 0:15.47
Average shared text size (kbytes): 0
Average unshared data size (kbytes): 0
Average stack size (kbytes): 0
Average total size (kbytes): 0
Maximum resident set size (kbytes): 1816
Average resident set size (kbytes): 0
Major (requiring I/O) page faults: 0
Minor (reclaiming a frame) page faults: 743123
Voluntary context switches: 6872
Involuntary context switches: 3923
Swaps: 0
File system inputs: 0
File system outputs: 88
Socket messages sent: 0
Socket messages received: 0
Signals delivered: 0
Page size (bytes): 4096
Exit status: 0
djudju@djudju-1101HA:~$

Rimbaud Bashing

djudju@djudju-1101HA:~$ /usr/bin/time -v ~/Dokumente/Rimbaud/bin/rimbaud.sh
–2014-02-14 22:12:40– http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/arthur_rimbaud/marine.html
Auflösen des Hostnamen »poesie.webnet.fr (poesie.webnet.fr)«… 194.177.59.6
Verbindungsaufbau zu poesie.webnet.fr (poesie.webnet.fr)|194.177.59.6|:80… verbunden.
HTTP-Anforderung gesendet, warte auf Antwort… 200 OK

La caserne de Salatiga en 1870 (source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Salatiga)

La caserne de Salatiga en 1870 (source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Salatiga)

Länge: 5914 (5,8K) [text/html]
In »»STDOUT«« speichern.

0K ….. 100% 127K=0,05s

2014-02-14 22:12:40 (127 KB/s) – auf die Standardausgabe geschrieben [5914/5914]

BEENDET –2014-02-14 22:12:40–
Verstrichene Zeit: 0,1s
Geholt: 1 Dateien, 5,8K in 0,05s (127 KB/s)
Marine
Les chars d’argent et de cuivre –
Les proues d’acier et d’argent –
Battent l’écume, –
Soulèvent les souches des ronces.
Les courants de la lande,
Et les ornières immenses du reflux,
Filent circulairement vers l’est,
Vers les piliers de la forêt, –
Vers les fûts de la jetée,
Dont l’angle est heurté par des tourbillons de lumière.
Command being timed: “/home/djudju/Dokumente/Rimbaud/bin/rimbaud.sh”
User time (seconds): 0.13
System time (seconds): 0.18
Percent of CPU this job got: 52%
Elapsed (wall clock) time (h:mm:ss or m:ss): 0:00.60
Average shared text size (kbytes): 0
Average unshared data size (kbytes): 0
Average stack size (kbytes): 0
Average total size (kbytes): 0
Maximum resident set size (kbytes): 1812
Average resident set size (kbytes): 0
Major (requiring I/O) page faults: 0
Minor (reclaiming a frame) page faults: 43323
Voluntary context switches: 407
Involuntary context switches: 286
Swaps: 0
File system inputs: 0
File system outputs: 24
Socket messages sent: 0
Socket messages received: 0
Signals delivered: 0
Page size (bytes): 4096
Exit status: 0
djudju@djudju-1101HA:~$

Operation Last Chance

Affiche aperçue en me baladant à Gaisburg, sur le chemin me menant à la tour de télévision de Stuttgart qui surplombe le territoire communal.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Au beau milieu des annonces de pièces de théâtre, d’expositions de musée, de spectacles de cirque et autres, la célèbre photo en noir et blanc du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau a attiré mon regard. Elle représente, contrairement aux apparences, la perspective d’une personne qui se dirige vers le portail principal pour sortir du camp.

Je me rapproche de la colonne pour lire le texte.

“Operation Last Chance”, en anglais. Puis, le reste écrit en allemand : “Tard, mais pas encore trop tard.”

L’accroche dans la langue de Shakespeare et la teneur du message me rappellent les pancartes “Wanted” qui émaillent les épisodes de Lucky Luke. En l’occurrence, il est question de criminels nazis que le Centre Simon Wiesenthal et la fondation Targum Shlishi aimeraient bien épingler tant qu’il en est encore temps.

La suite du texte :

“Des millions d’innocents ont été assassinés par des criminels de guerre nazis. Certains des malfaiteurs sont encore vivants et en liberté. Aidez-nous à les traduire en justice. Jusqu’à 25 000 euros de récompense pour toute information décisive.”

http://www.operationlastchance.org/