Dresde

De passage à Dresde. Sur ma droite, avant l’arrivée du train en gare, j’aperçois par la fenêtre une grande mosquée qui projette son ombre sur la voie ferrée. Au début du 20ème siècle, un industriel excentrique fit ériger en ce lieu la “mosquée du tabac” sur le modèle d’un édifice religieux musulman. Cette ancienne fabrique de cigarettes abrite à l’heure actuelle des bureaux. Sa coupole et son minaret saluent le passant qui se dirige vers la vieille ville.

Plus tard, une fois la nuit tombée, des clameurs attirent mon attention. Je m’approche de la source du chahut. Sur la place dominée par l’imposante Frauenkirche se sont rassemblés des manifestants de la mouvance PEGIDA. Ils sont quelques centaines, essentiellement des hommes, à approuver en chœur le discours virulent d’une jeune femme enjoignant le peuple allemand à se défendre contre la prétendue islamisation du pays. Des personnes brandissent des pancartes anti-Merkel, anti-Europe, certaines agitent un drapeau noir, jaune et rouge calqué sur le modèle des étendards scandinaves. Juste derrière cette foule se sont réunis des gauchistes anti-fachistes. Ils forment avec leurs longues banderoles un front bien aligné et tentent de perturber à coups de sifflet la manifestation de PEGIDA. Mais, ils sont moins nombreux et, sans haut-parleur, ne peuvent générer qu’un trouble relatif. Je traverse l’étroit no man’s land séparant les deux groupes antagonistes. Les invectives fusent dans l’air frais du soir. Des costauds d’extrême droite se dressent comme des coqs face aux hurleurs anti-fachos. Une escouade de policiers plantés en divers points stratégiques jauge la situation et jouit du spectacle. Quelques flics fument une cigarette, se lancent une blague. Malgré leur flegme apparent, on les sent prêts à basculer en mode “pacification du secteur” au moindre déclic. Évidemment, je pense aux années troubles, celles d’entre les deux guerres, et aux forces de l’ordre au service du plus fort, roulant d’abord pour Weimar, puis pour les Nazis.

J’emprunte une passerelle qui enjambe l’Elbe pour me rendre à l’hôtel. Pas un nuage dans le ciel. La lune est pleine. Son auréole aux contours brumeux brille d’un éclat vif. Le disque jaune navigue lentement, seul dans la noire immensité, reste un temps au-dessus de la place peuplée d’humains invisibles depuis là-haut, puis s’échappe vers l’Ouest en survolant la mosquée du tabac.

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Albsteig

J’ai marché deux jours durant dans le Jura souabe, sur le chemin de randonnée HW1 entre Owen et Reutlingen, en faisant étape dans la charmante cité de Bad Urach. Les vergers des vallées étaient couverts de fleurs. Et sur les hauts plateaux karstiques, entre 700 et 800 m d’altitude, des cailloux parsemaient les champs nus, comme autant d’innombrables petites étoiles blanches scintillant dans le firmament. Le Jura souabe, c’est un Massif central allemand en taille réduite, de 200 km de long sur 40 de large : un climat rude, une terre dure à cultiver, un pays peuplé d’hommes et de femmes travailleurs et économes.

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50 nuances de gris

Norden (Basse-Saxe) en février : froid, vent et pluie. Norden, c’est le Nord !

Norden (Basse-Saxe) en février : le vide sublime de la mer grise par temps calme ; une poignée d’îles posées sur le fil de l’horizon ; par-dessus tout ça, un ciel immense où les mouettes font du surplace au gré du vent iodé ; la lumière changeante quand l’espace d’un instant, les rayons du soleil se fraient un chemin à travers les stratus et les cumulus filant à toute allure ; le sable mouillé des dunes ondulantes. Du haut de la digue, je vois un chien courir dans une vasière à marée basse. Mes lèvres sont salées. Puis, de l’autre côté : les maisons en brique aux intérieurs chaleureux, où les Frisons se lancent entre eux un “Moin moin!” au lieu de “Guten Morgen!” et boivent du thé fort pour se réchauffer les tripes ; les tours penchées des églises qui portent leur ombre sur le plat pays ; les moulins aux longues ailes au bord des canaux paisibles ; les éoliennes qui turbinent plein pot (dans le décor, on en compte toujours une ou deux mal orientées et au point mort… telles des vilains petits canards… va savoir pourquoi !). De la place pour le corps et l’esprit. Norden, c’est le Nord et c’est bien.

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50 nuances de bleu

Dans le parc de la Ria Formosa, les promeneurs et les chercheurs de coquillages pataugent dans les vasières. Ce n’est pas sans rappeler la Wattenmeer de la mer du Nord, sauf que le long de la côte algarve au tournant de la nouvelle année, il fait bon se promener dans un paysage baigné par une douce lumière et un air chauffé entre 15 et 20 degrés centigrade. Là-bas, à Cacela Velha, nous avons mis l’hiver entre parenthèses pendant une semaine.

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Prague en automne

Certes, c’est pas du Cartier-Bresson, les photos ne sont pas toujours bien cadrées, ni bien éclairées. On en compte même quelques unes légèrement floues, mais aussi des réussies. Ce patchwork en images retrace notre délicieux séjour d’une semaine à Prague, une ville à l’architecture ravissante où comme à Rome, partout où le regard se pose, il tombe sur une jolie forme – immobile ou en mouvement -, une jolie silhouette, un joli visage…

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De Brüsel à Stütgart

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Le Belge en photo, c’est le dessinateur et scénariste François Schuiten, créateur notamment des Cités obscures (œuvre cosignée avec son compère Benoît Peeters). Il a participé hier à une séance de questions/réponses à la bibliothèque de Stuttgart.

Pas nécessaire de déverser ici des wagonnées entières de superlatifs. Schuiten compte en effet parmi les auteurs majeurs du neuvième art.

Je peux ajouter toutefois qu’il est bien sympathique et accessible.

En revanche, il ne touche pas trop sa bille, ni en anglais, ni en allemand. 🙂