Projet “Danube bleu 2012”

Mon camarade Roland Kübert et moi-même avons pédalé du 21 juillet au 27 juillet 2012 tout au long du Danube, depuis sa source à Donaueschingen jusqu’au point où il passe la frontière pour continuer sa course en Autriche. Environ 600 km en tout.

Voici un petit compte-rendu journalier de l’entreprise.

Samedi 21 juillet. Stuttgart – Donaueschingen en train (08 h 18 – 10 h 10).

Samedi 21 juillet. Donaueschingen – Neidingen (Hausen im Tal) env. 70 km. Visite de la Donauquelle (source). J’arrive à me mettre du cambouis sur le seul pantalon que j’ai pris pour le voyage… Deux km plus à l’est, arrêt photo devant point de confluence Brigach et Breg. Plus loin sur la route, Donauversinkung : durant certaines périodes de l’année, le Danube disparaît sous terre pour devenir un affluent du lac de Constance et donc du Rhin ! Avons marché dans le lit sec du fleuve. Quelques grosses flaques éparses. Après Tuttlingen, très jolie vallée tranquille, sans route pour les voitures. A flanc de montagne, gros blocs de roche verticaux et entourés d’arbres. Pause bière à Beuron (abbaye). 10 derniers km en descente sous la pluie. Pension pas chère et très bien «zur Mühle» à Neidingen. Chambre double et petit-déjeuner pour 25 euros.

Source officielle du Danube à Donaueschingen

Source véritable du Danube où la Breg et la Brigach se rencontrent

Donauversinkung

Dimanche 22 juillet. Neidingen – Munderkingen env. 85 km. Pas mal de vent de face. Pause à Sigmaringen (joli château où les collabos français se sont réfugiés à la fin de la 2ème Guerre mondiale, cf. bouquin D’un château l’autre de L.-F. Céline). Déjeuner à Mengen. Pause au château de Neufra (jardins suspendus, pas mal, mais sans parterre de fleurs). Puis pause encore à Riedlingen. Passage par Rechtenstein, très joli coin surplombant le Danube, paisible, à l’abri du tumulte du monde. Arrivée à Munderkingen. Pas de bobo physique. Jambes un peu fatiguées, sans plus. Un petit peu mal au derrière, mais pas de quoi en faire une maladie (soit dit en passant, un vêtement extrêmement important et obligatoire pour une randonnée de plusieurs jours en vélo : le cuissard super rembourré pour les fesses). Entente au poil avec mon pote Roland, futur docteur en informatique. Un sportif. Il peut pédaler plus vite que moi, particulièrement dans les montées. Chemin pas totalement plat, mais qui ne pose pas de problème dans l’ensemble (à noter : un sale petit raidillon après Zwiefaltendorf, un vrai coup de poignard dans le dos qui arrive sans prévenir, mais sur une courte distance).

Sigmaringen

Lundi 23 juillet. Munderkingen – Gundelfingen (100 km). Passage par Blaubeuren (abbaye) et son Blautopf. Effectivement, fidèle à sa réputation, l’eau est d’un bleu intense dans le bassin de Blautopf. Encore beaucoup de vent de face toute la journée. Pénible. A midi, dans un bouiboui turc de la banlieue d’Ulm. Kébab pour moi et pizza pour Roland. Fête à Ulm. Schwörmontag. Au programme : défilé de bateaux et pneumatiques en tout genre sur le Danube et Volksfest. Beaucoup, beaucoup de monde (trop, à mon goût). Pause devant la cathédrale. Puis, en route pour Günzburg. Passage en Bavière. Du vent, sans cesse… A Günzburg, où nous voulions dormir, pas d’hébergement possible. Tout complet ! A cause d’une révision de la centrale nucléaire du coin et du parc d’attractions Legoland. Après de multiples tentatives infructueuses, trouve enfin une pension avec chambre double libre à Gundelfingen, attenant au stade “Schwabenstadium” (nous nous trouvons dans la partie souabe du “Freistaat”). Devons faire 20 km de plus que prévu… Ai pédalé 100 km en une journée pour la première fois de ma vie. Arrivée à la pension de Gundelfingen, douche et dîner en terrasse. Le proprio propose une carte de plats grecs. Sommes à table à côté d’un plan d’eau. Attaqués par des moustiques. Physiquement, dans l’ensemble tout est en ordre. Acheté du baume pour les lèvres à cause du vent (au passage, aussi acheté et bu pour la première fois de ma vie du Red Bull ; a un goût de Gummibär). Pris des coups de soleil sur les cuisses. Ce soir, gros dodo pour se retaper et demain, ça repart.

Ehingen

Blautopf

Cathédrale d’Ulm

Mardi 24 juillet. Gundelfingen – Neuburg an der Donau (90 km). Ce soir, trop fatigué pour faire un long compte-rendu. Journée chaude et ensoleillée. Déjeuner à Donauwörth. Cette ville nous a donné l’impression de ne pas vouloir être atteinte : route en dents de scie en apparence interminable dans la campagne, et encore beaucoup de vent de face venant de l’Est. Avons rencontré des Français sur notre chemin. Deux d’entre eux en route pour Budapest. Et peu après, un autre couple en tandem, sur la piste cyclable en haut d’une digue. La fille me lance un «bonjour» souriant et sexy en réponse à mon «hallo». Nous les revoyons encore plus tard dans un village où la fille en question trempe ses chaussettes dans l’eau d’une fontaine. En plein après-midi, suite à une succession de grimpettes éprouvantes sous un soleil qui tape dur, Roland se rend compte qu’il a oublié sa gourde en métal env. 5 km en arrière… Il repart en direction opposée, dans la chaleur, pour récupérer sa précieuse gourde pendant que je l’attends à l’ombre à Marxheim, avec tous nos bagages. Arrivés à 20 h à Neuburg. Superbe centre-ville de style baroque/Renaissance. Dîner et dodo au “zur Traube” situé sur la place centrale de la vieille ville. Super bien mangé pour pas cher (Roland : une sorte de Vesperplatte bavaroise (oublié le nom exact), moi : Obatzter et truites fumées accompagnées de baies d’airelle). Physiquement : ça va, quelques coups de soleil, lèvres un peu sèches, ça tire dans les cuisses en fin de journée, mais dans l’ensemble, aucun souci. Finalement, le compte-rendu du jour est plus long qu’initialement prévu.

Je n’ai bizarrement pas pris une seule photo ce jour-là. Alors, les images de cette étape sont de Roland.

J’en profite au passage pour signaler qu’il a aussi tenu un journal de bord (en allemand) à cette adresse-là.

Neuburg an der Donau

Mercredi 25 juillet. Neuburg an der Donau – Kelheim (80 km). Temps légèrement pluvieux. Ça ne fait pas de mal après le cagnard de la veille. Sommes partis plus tôt que d’habitude, vers 7 h 30. Avons bien gazé jusqu’à Ingolstadt. Passage devant une ancienne forteresse située juste à l’extérieur de la vieille ville. Puis, visite de la vieille ville ceinturée par un mur. Là-bas, petit-déjeuner (Zwetschgendatschi !), et passage aux toilettes de Roland et moi pour la grosse commission, comme tous les matins (le pouvoir laxatif du café nous permet de régler cette affaire-là dès le matin et de ne plus avoir à nous en soucier ensuite une fois sur la route). Reprise de la route. Roulons sur la crête d’une digue de protection contre les inondations (crue record en 1999). Cassons la croûte sur la digue. Puis, filons vers Weltenburg (abbaye avec une église baroque et – probablement plus important encore – une très bonne bière brassée sur les lieux-mêmes :-)). Ensuite, 20 min de bateau pour admirer le “Donaudurchbruch” (passage du fleuve en zigzag entre les falaises des deux rives), un peu avant Kelheim. Et enfin, rude montée de 2,5 km (digne d’une étape de montagne), avec 3 lacets, pour aller visiter la “Befreiungshalle”, un monument imposant qui célèbre le combat victorieux des Allemands pour se libérer du joug napoléonien (bataille de Leipzig en octobre 1813). Roland grimpe jusqu’en haut des côtes avec l’aisance de Bahamontes. Son secret pour décrocher le maillot à pois rouges : il déteste les montées et n’a aucune patience avec elles. Physiquement, RAS. Les coups de soleil ont baissé en intensité.

Abbaye de Weltenburg

Befreiungshalle

Donaudurchbruch à Kelheim

Jeudi 26 juillet. Kelheim – Straubing (85 km). Grosse chaleur. Avons bu pas mal d’eau. Dans l’ensemble avons encore bien pédalé aujourd’hui. Avons retrouvé hier soir et ce matin dans notre pension les deux Français en route pour Budapest, une dame et son fils. Discutons un peu ensemble. La mère a vécu pas mal de temps à Cannstatt. Vers midi, pause de 1 h 30 à Ratisbonne (Regensburg). Vieux centre-ville ravissant classée au patrimoine mondial de l’humanité. Avons visité la cathédrale gothique Saint-Pierre. Assez sombre à l’intérieur, un peu comme dans la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais. Très jolis vitraux colorés. Avons mangé des super Bratwürste dans un local historique surchauffé, servies dans des Brötchen avec de la choucroute et de la moutarde douce. Lecker ! Passage sur le plus vieux pont d’Allemagne encore debout (Steinerne Brücke). Prenons quelques photos de la vieille ville depuis le pont, et en route pour Straubing sous le cagnard. Sur le chemin, détour pour visiter la Walhalla (à l’intérieur, bustes de célébrités allemandes/autrichiennes/suisses alldes/hollandaises), construite à l’instigation de Louis Ier de Bavière (tout comme la Befreiungshalle). Montée un poil raide, mais plus facile que celle pour la Befreiungshalle, pour atteindre le bâtiment inspiré du Parthénon (donc en gros, une architecture du Sud pour une Wallhalla nordique :-)). Après la visite, reprise de la route pour Straubing, avec pause Hefeweizen dans un Gasthof à Hofdorf. En chemin, j’ai promis à Roland que j’achèterai un maillot du Bayern München quand j’atteindrai Passau. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Bon, on verra bien… 😉 Demain, il me quittera à Deggendorf et je poursuivrai mon chemin jusqu’à Passau. Il doit être à nouveau présent à Aschaffenburg vendredi soir pour l’enterrement de vie de garçon d’un de ses amis. On a passé une excellente semaine ensemble. On a bien gazé tout au long de notre parcours. Je devrais atteindre Passau samedi matin, avec un jour d’avance sur le programme, et devrais donc normalement rentrer à Stuttgart un jour plus tôt que prévu. Arrivée à Straubing vers 17 h 30. Très joli centre-ville de style Renaissance, comme dans toutes les localités où nous sommes passés. Avons vu aussi bon nombre de châteaux de plaisance et de châteaux-forts sur notre route. Promenade le soir sous une pluie battante. Gros orage. Dîner dans la Weissbierhaus. Pierre : Schweinshaxe accompagnée d’une très bonne schwarzes Bier. Roland : plat bavarois composé de divers types de viande, de cochonnailles et de choucroute, arrosé de schwarzes Bier aussi. Digeo : Bayerwald-Bärwurz.

Ratisbonne (Regensburg)

Walhalla

Vendredi 27 juillet. Straubing – Passau (98 km). Finalement, j’atteindrai Passau vendredi soir. Encore beaucoup de soleil et de chaleur aujourd’hui. Départ de Straubing vers 8 h 20. Une dizaine de km plus loin, montée d’un km pour visiter l’église de Bogenberg où se trouve une statue de la Vierge enceinte. N’avons pas pu la voir de près à cause d’une messe en cours. Filons ensuite vers Deggendorf. Dans le faubourg de Deggendorf, sur notre droite, une succession de petites plages pour se baigner dans le Danube ! Avons peu vu de plages au bord du fleuve depuis Donaueschingen. Faisons une pause pour piquer une tête dans l’eau. Rafraîchissant ! Puis, en route pour la gare de Deggendorf. Le chemin en commun avec Roland s’arrête là. Il prend un train à 12 h 44 pour Aschaffenburg. Il a été un super coéquipier et nous avons passé d’excellents moments ensemble. Reprends la route seul. Ne m’attarde pas à Deggendorf (plein de voitures là-bas, surtout qu’on est vendredi). File vers Passau sous un gros soleil. Passage à côté d’un aérodrome à Vilshofen. Un vieux biplan jaune avec un moteur qui fait un bruit de très grosse moto atterrit en me passant juste au-dessus de la tête. Petite pause Hefeweizen à Windorf, remplissage de gourdes et réservation de la chambre d’hôtel pour ce soir à Passau (une sorte de Formule Un au bord du Danube, avec des chambres-cages à lapin. Arrivée à Passau à 17 h env., le vendredi, soit bien plus tôt que prévu au début du voyage (arrivée initialement prévue le dimanche matin). Douche, puis achat du billet de train pour retourner samedi à Stuttgart (départ du train à 8 h 05). Balade dans Passau. Visite de la cathédrale de style baroque. Beaucoup de stuc. Très clair à l’intérieur. Mitraille dans la vieille ville avec l’appareil photo. Marche jusqu’au point de confluence du Danube, de l’Inn et de l’Ilz. L’Autriche est à deux pas. Achète un t-shirt du Bayern München. Coûte horriblement cher, mais j’avais promis à Roland d’en acheter un. Je ne sais pas si je pourrais le porter souvent à Stgt. Ils sont tellement obsédés par le foot en Allemagne et fiers de leur(s) équipe(s) préférée(s). Ça vire parfois à la querelle de clochers et à des bagarres… Je pourrai quand même le porter pdt les vacances en France ou l’utiliser comme pyjama. 🙂 Physiquement, pas de prob. Je pourrais continuer comme ça jusqu’à la Mer noire. Mais cela sera pour une autre fois. Un grand merci à Élisabeth qui m’a laissé partir pédaler pendant une semaine pendant qu’elle a continué à s’occuper des enfants à Stuttgart. Fin du journal de bord.

Passau

Confluence du Danube, de l’Inn et de l’Ilz à Passau, à deux pas de l’Autriche

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