Bonne arrivée !

Cinéma Burkina : tapis rouge !

Bienvenue au Burkina Faso, le pays des hommes intègres !

Ici, il n’y a jamais de problèmes (que des solu-
tions ;o)), le principal, c’est d’avoir et/ou de prendre du temps…

Le temps de découvrir un pays aux paysages variés, une semaine durant (et plus si affinités). Grâce au 4×4 acheminé de Roanne à Ouaga par Julien et conduit par Joseph, nous avons pu sillonner les pistes et les routes au sud-ouest de la capitale, en passant par Sabou – Boromo – Banfora – Bobo Dioulasso – Tengrela – Sindou, pour terminer à Niansogoni, et même pousser jusqu’au village de Faon, tout proche de la frontière.

Le temps ensuite d’assister aux séances du Fespaco (en plein air pour les séances du soir), festival du cinéma africain qui se tient à Ouagadougou tous les deux ans. Le Fespaco, la raison de notre voyage en fait. Il y a 2 ans, lorsque Sabine et Emmanuel nous en avaient parlé, nous nous étions donné rendez-vous cette année. Et chacun s’y étant tenu, nous avons fait un bien beau voyage.

Merci à Emmanuel et Sabine de nous avoir fait découvrir le Burkina.

Merci aux grands-parents venus garder leurs petits-enfants alors qu’ils n’étaient même pas en vacances.

Merci à Kamké, Assalane, Joseph, Léontine, Adrien, Pierre-Eric, Tuyé Komo, Ricardo et Elena, Maimouna, Idrissa…

Et pour celles et ceux qui ne savent pas quoi faire dans 2 ans, voici quelques suggestions, en images.

A lire : Le mal de peau, de Monique Ilboudo (roman burkinabé) ; Métisse facon, de Sarah Bouyain (nouvelles burkinabés) ; Photo de groupe au bord du fleuve, d’Emmanuel Dongala (roman sénégalais) ; Amkoullel l’enfant peul et la suite, Oui mon commandant ! d’Hampaté Bâ (mémoires d’un écrivain malien).

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Al-maghrib

Entre chien et loup

Novembre 2010

La ville bascule lentement dans l’obscurité naissante du début de soirée.

Une route serpente à flanc de colline, près du sommet, en épousant le contour d’une courbe de niveau. Son bord est émaillé de petites buvettes à ciel ouvert qui proposent à la vente thé, café et boissons sans alcool. Depuis les terrasses improvisées, la vue s’étend au sud sur le tissu urbain sans limite apparente. La cité a même pris d’assaut la colline jusqu’à atteindre la route aux buvettes. Cependant, un décret municipal, la volonté implacable du président à vie ou quelque décision de la sorte a stoppé l’irrésistible ascension du béton. Au-dessus de la route, la colline privée de végétation demeure vide et silencieuse.

Le disque rougeoyant du soleil vient de glisser au-delà de la ligne de crête de l’Anti-Liban. L’heure est venue…

Au début, un murmure distant point dans le paysage sonore. Il s’apparente au bruit émis par un bolide lointain filant à fond de train sur le goudron. Puis, le murmure prend progressivement de l’ampleur, gagne en volume et se transforme enfin en bourdonnement lancinant enveloppant la ville entière. Ce faisant, il dévoile ses multiples facettes, toutes ces voix qui le composent et répètent la même chose, mais à des cadences différentes. Mille timbres dissemblables, certains graves, d’autres aigus, certains rapides, d’autres lents, psalmodient des phrases identiques et produisent une unité sonore disharmonieuse.

Le non-initié de passage sur la route surplombant la plaine urbaine est pris par surprise. Pour lui, le temps suspend son vol. Le tourbillon des voix le captive et le pousserait presque à plonger depuis le haut de la colline à la rencontre des fines aiguilles cerclées de vert dont la ville est constellée.

Pendant ce temps, les vendeurs des buvettes continuent de vaquer, imperturbables, à leurs occupations.